C'est quoi un TR ?
Portrait de rue !
Voir l'éthique du travail de rue
Je suis travailleur de rue. Il y a des jeunes que j’ai connus lorsqu’ils avaient treize ans et que je vois encore aujourd’hui trois-quatre fois par semaine, alors qu’ils en ont dix-huit. Je les ai accompagnés et les accompagne toujours à travers leurs difficultés et leurs réussites, je connais leur histoire, je connais leurs parents, leur maison, leur école, leurs goûts, leurs rêves, leurs forces, leurs faiblesses, leurs défis, leurs objectifs, leurs cicatrices et autres.
Ils m’appellent... Ils me parlent...
Je suis allé les voir en centre d’accueil, je suis allé à la pêche avec eux, aux danseuses, au centre d’emploi, j’ai rencontré leur directeur d’école, leur éducateur, leurs professeurs, j’ai fait du cirque avec eux, de la musique, du sport et mille-et-une tournées de C.V… J’ai cherché des appartements, j’ai déménagé, j’ai fait des lifts, j’ai donné à bouffer, j’ai élaboré des budgets, j’ai bu des cafés à quatre heures du matin pis j’ai écouté en criss… Je suis allé au hockey avec tel père, souper avec telle mère, je suis allé à la Régie du Logement, à l’Armée du Salut, aux quilles, au motel, à des meetings des Narcotiques Anonymes, au Palais de Justice, à la gare d’autobus…
Des jeunes m’ont pleuré dessus... Des parents m’ont pleuré dessus... Pourquoi?
Parce que j’ai pris le temps de rire avec eux. Parce que j’ai pris le temps de vivre avec eux. Parce que j’ai pris le temps d’être avec eux. D’être en relation, d’être à l’écoute, d’être curieux, d’être intéressé et d’être au quotidien.
C’est un immense privilège pour moi d’être quelqu’un de familier, d’accepté et d’apprécié par ces jeunes souvent méfiants face aux adultes, d’être en lien avec autant d’entre eux et de voir des « nouveaux » de treize ans me jaser ça et entamer une relation qui, je l’espère, évoluera et grandira pendant plusieurs années